
Les Acariens sont des animaux de très petite taille appartenant à la classe des Arachnides (animaux à 8 pattes). Ils colonisent divers milieux en fonction de leur régime alimentaire. Certains sont prédateurs, d'autres se nourrissent de sang (c'est le cas des Tiques !!) ou consomment des végétaux ou encore la matière organique en décomposition dans le sol. Ceux qui nous intéressent, les Dermatophagoïdes, sont microscopiques; ils vivent dans les maisons, appréciant chaleur et humidité. Ils se nourrissent de nos squames, petits fragments de peau que l'on perd naturellement. Leurs territoires de prédilection sont donc les literies, les moquettes et les poussières. Ils se reproduisent surtout au printemps et en automne. Leurs déjections sont très allergisantes. Elles provoquent chez certaines personnes un écoulement nasal persistant (rhinite) et/ou des difficultés respiratoires (asthme).
La réaction allergique correspond en fait à une réaction immunitaire inappropriée. S'il est normal qu'un élément étranger à notre organisme soit combattu par notre système immunitaire, la réponse est dans ce cas exagérée.
Que se passe-t-il exactement ?
- La phase de sensibilisation: lorsque les voies respiratoires d'un individu entrent pour la première fois en contact avec les Acariens (dits "allergènes"), le système immunitaire produit des anticorps de type IgE qui les neutralisent. Les anticorps IgE produits en excès vont se fixer sur divers types de cellules immunitaires: les mastocytes contenus dans la paroi de l'appareil respiratoire ainsi que les granulocytes basophiles du sang.
- La phase de déclenchement: si l'individu entre à nouveau en contact avec les Acariens, les anticorps IgE fixés sur les cellules immunitaires vont détecter très rapidement leur présence dans les voies respiratoires. Les mastocytes et granulocytes basophiles auxquels ils sont liés libèrent alors de l'histamine (beaucoup trop d'histamine en fait !!!!!), ainsi que d'autres produits actifs. Nous avons déjà parlé de l'histamine (voir article sur l'entorse) qui est responsable de la réaction inflammatoire. Elle favorise l'arrivée de cellules du système immunitaire en augmentant le flux sanguin dans la zone concernée qui devient rouge et gonflée. C'est la réaction inflammatoire ici exagérée qui engendre les symptômes de l'allergie. L'augmentation du flux sanguin dans les zones concernées (nez, poumons) entraîne une sécrétion excédentaire de mucus qui s'écoule du nez (rhinite) ou qui obstrue les bronchioles, réduisant l'arrivée d'air dans les poumons, ceci se traduisant par des sifflements caractéristiques (asthme). En outre, l'histamine provoque la contraction des muscles entourant les bronchioles, gênant d'autant plus le passage de l'air dans les poumons.
Si nous avons ici parlé des Acariens, les mécanismes sont identiques pour les autres types d'allergies, cutanées ou alimentaires, les mastocytes mobilisés étant alors respectivement ceux de la peau et de la paroi du tube digestif. Parfois, la réaction inflammatoire est tellement forte qu'elle peut entraîner la mort de l'individu (on parle alors de choc anaphylactique).
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